Retour sur 2021 : reprise économique mondiale en dépit de la pandémie

Préparer votre avenir Actualités Investir – 11 janvier 2022

La pandémie de la COVID-19 a dominé les esprits en 2021. Mais les campagnes de vaccination ont permis de sortir du « stop-and-go » des confinements au 2e trimestre et autorisent une reprise plus large de l’économie. L’année écoulée fut donc bien une année de nette reprise économique, marquée toutefois par quelques freins et une certaine volatilité.

La Covid-19 et l'économie : vers un modus vivendi ?

reprise économique en dépit de Covid-19 
L'année 2021 fut, malgré la pandémie en cours, une année de nette reprise économique, marquée toutefois par une certaine volatilité et un déséquilibre entre l'offre et la demande.

Malgré l’arrivée du variant Delta, nous avons pu au 2e trimestre sortir du « stop-and-go » des confinements grâce aux campagnes de vaccination, au bénéfice d’une reprise plus large de l’économie.

Toutefois, la pandémie a ressurgi à l’automne. Le risque s’est accentué fin novembre avec l’émergence du variant Omicron, bien plus contagieux. En fin d’année, de nombreux pays ont mis en place des restrictions pour contrer cette nouvelle flambée du virus, sans toutefois atteindre globalement le niveau de contrainte des premières vagues.

Au total, comparée à 2020 qui fut une année de compression de l’activité, 2021 fut une année de nette reprise économique, même si celle-ci a été sujette aux freins décrits ci-dessous et à une certaine volatilité. Nous estimons que la croissance mondiale pourrait s’élever à 5,7 % en 2021 (États-Unis 5,5 % ; zone euro 5 % ; Royaume-Uni 6,8 % ; Japon 1,9 % ; économies émergentes 6,2 %, dont Chine 7,9 %).

Malgré l'arrivée du variant Delta, nous avons pu au 2e trimestre de 2021 sortir du « stop-and-go » des confinements grâce aux vastes campagnes de vaccination.

Pression sur les prix vu le déséquilibre entre l'offre et la demande

Au-delà des confinements, la perturbation du marché du travail a été une des conséquences majeures de la pandémie, notamment aux États-Unis. Départs précoces à la retraite, retours sur le marché tardifs et désintérêt pour certains secteurs d’activité ont conduit à une raréfaction de l’offre, tandis la demande reprenait avec vigueur. La production et la distribution des biens manufacturés ont globalement été perturbées et désorganisées, tandis que leur demande reprenait fortement. Des goulets d’étranglement se sont alors créés dans les chaines d’approvisionnement.

La forte tension induite sur les prix, apparue dès le 2e trimestre et renforcée par un effet de base sur les prix des matières premières, pétrole et gaz en premier lieu, a tout d’abord été jugée comme un phénomène temporaire. L’inflation, plus durable qu’anticipée et atteignant des niveaux inédits depuis des décennies, a retenu toutes les attentions. Pour l’ensemble de 2021 nous prévoyons des chiffres d’inflation de +4,7 % aux États-Unis, +2,6 % en zone euro, +2,4 % au Royaume-Uni et -0,2 % au Japon.

La production et la distribution de produits finis ont été perturbées dans le monde entier, tandis que la demande a fortement augmenté. Des goulets d’étranglement se sont alors créés dans les chaines d’approvisionnement, ce qui a exercé une forte pression sur les prix.

Resserrement de la politique monétaire en raison de l'inflation

Dans ce contexte, presque toutes les banques centrales ont entamé un resserrement de leur politique monétaire, avec d’autant plus de motivation que la tension observée sur leur marché du travail était forte. Ainsi, la Réserve Fédérale (Fed) a annoncé une réduction de son programme d’achat d’actifs en novembre, puis une accélération de cette réduction en décembre, des hausses de taux étant envisagées dès la mi-2022. La Banque d’Angleterre a procédé à une première hausse des taux directeurs en décembre, de 0,15 % à 0,25 %.

En zone Euro, où le marché du travail est moins tendu, une hausse des taux de la BCE semblait peu probable avant 2023. La BCE a annoncé la fin du programme d’urgence PEPP fin mars, mais a maintenu une certaine flexibilité par ailleurs, avec une augmentation du programme d’achat d’actifs APP dès le 2e trimestre 2022.

Impact de la politique sur l’activité économique

Sur le plan politique aux États-Unis, la première année du mandat de Joe Biden aura été compliquée, avec de nombreux retards et révisions en baisse de ses divers plans d’investissement, le risque d’une impasse budgétaire (« shutdown ») au second semestre et finalement l’effritement de sa cote de popularité qui laissait présager des élections difficiles à mi-mandat au Congrès fin 2022.

Retour sur 2021 
Le déséquilibre entre l'offre et la demande a fait pression sur les prix dans le monde entier.

En Allemagne, les élections ont marqué la fin de l'ère Merkel et vu l’arrivée au pouvoir d’une alliance des Sociaux-Démocrates, des Libéraux et des Verts, avec une ambition pro-européenne plus marquée. Au Japon, le premier ministre Suga a cédé la place à Fumio Kishida, assurant une continuité de la politique conduite.

La Chine a de nouveau montré sa singularité. Tout d’abord avec sa stratégie du « zéro COVID » qui coûta très cher à son économie. Elle a connu par ailleurs une pénurie d’électricité, temporaire grâce à l’augmentation de sa production de charbon. En revanche, le risque systémique que représente le financement du secteur immobilier, qui s’est manifesté par le risque de défaut de la société Evergrande, semblait plus durable. Les autorités chinoises, qui doivent mettre en balance la gestion de ce risque systémique et le soutien de l’activité, ont finalement fait le choix tardif d’un assouplissement de la politique monétaire (baisse de 0,5 % du taux RRR mi-décembre).

Au niveau géopolitique, si elle a changé dans sa forme, la relation entre les États-Unis et la Chine est demeurée tendue, l’enjeu du leadership économique et politique restant entier. La tension entre la Russie et l’Ukraine est allée grandissante, l’armée russe se massant à la frontière ukrainienne, conduisant à une bataille d’avertissements entre Vladimir Poutine et les gouvernements occidentaux.

Bulletin 2021 des marchés financiers…

En 2021, les marchés actions affichent, pour la plupart des zones, des performances très élevées avec une hausse de +24,2 % pour l’indice global en devises locales, équivalente à +29,3 % en euros.

Les marchés d'actions ont affiché des performances très élevées dans la plupart des zones en 2021, avec les États-Unis en tête.

Parmi les pays développés, les États-Unis affichent une des meilleures performances (+26,5 %) suivis par le Canada (+24,9 %) , la Suisse (+23,0 %), la zone Euro (+22,1 %) au sein de laquelle l’Italie (+23,8 %) et la France (+28,6 %) surperforment l’Allemagne (+13,3 %) et l’Espagne (+9,1 %). Le Royaume-Uni (+19,6 %) est également est forte hausse tandis que la zone Pacifique hors Japon (+12,6 % en euros) et le Japon (+13,4 %) enregistrent des performances un peu plus modestes. Enfin, les pays émergents déçoivent (+4,9 % en euros et -2,5 % en dollars US) ; (indices MSCI, dividendes réinvestis en devises locales).

Sur la période, les meilleures performances proviennent des secteurs de l’énergie (+40,3 %), de la technologie (+29,8 %), des financières (+27,9 %) et de l’immobilier (+27,8 %). En revanche, les services aux collectivités (+9,8 %), la consommation de base (+13 %) et les services de communication (+14,6 %) affichent les performances les plus faibles ; (MSCI World en dollars US). Enfin, les petites capitalisations enregistrent des performances légèrement inférieures à celles des grandes capitalisations. Ainsi, le MSCI Europe Small Caps en euros progresse de +23,8 % contre +25,1 % pour l’indice MSCI Europe.

… et des taux d’intérêt à long terme

Au 1er trimestre 2021, les taux à long terme ont amorcé un mouvement de hausse. Ils ont ensuite évolué au gré des anticipations d’inflation et des politiques des banques centrales ainsi que des craintes sur la croissance et l’évolution de l’épidémie.

Aux États-Unis, les taux à 10 ans ont augmenté de 60 points de base (bps) à 1,51 % après avoir atteint un plus haut à 1,77 % fin mars 2021. La même tendance s’est observée en zone Euro : en Allemagne, le taux à 10 ans a clôturé en hausse de 39 bps à -0,18 % après un plus haut à -0,07 % et en France, les taux à 10 ans ont progressé de 54 bps à +0,20 % après un plus haut à +0,33 %. La même tendance fut observée sur les pays périphériques : +52 bps à +0,57 % pour l’Espagne et +63 bps à +1,17 % pour l’Italie. Au Royaume-Uni, le taux à 10 ans furent en hausse de 77 bps à +0,97 % tandis qu’au Japon, ils furent quasi stables à +0,07 % à fin décembre.

Sur les marchés des obligations privées, les « spread » se sont sensiblement resserrés sur la catégorie investissement et plus encore sur le haut-rendement. L’indice Bloomberg Barclays Global Aggregate, représentatif du marché obligataire mondial pour la catégorie investissement, recule de -2,5 % (performance couverte en euros). Enfin, les obligations indexées sur l’inflation affichent des performances très supérieures à celles des obligations nominales (+4.5 % pour l’indice Bloomberg Global Inflation couvert en euros).

Sur le marché des changes, la plupart des devises du G10 se sont appréciées contre l’euro à l’exception du yen (-3,6 %) et de la couronne suédoise. Ainsi, la livre a progressé de +6,4 %, le franc suisse de + 4,2 % et le dollar de +7,4 %.

Sur le marché des matières premières, les cours du pétrole furent en forte hausse de +58,7 % pour le WTI en dollar, de même que les métaux industriels (cuivre +25,2 %). En revanche, l’once d’or a reculé de -3,6 %. Au global, l’indice Bloomberg Commodities hors agriculture et bétail s’adjuge +28,8 % en dollars US.

Tendances pour 2022

Changement climatique 
Le changement climatique est un sujet fondamental qui nécessite des action de long terme.

La COVID-19 et l’inflation devraient rester en bonne place dans l’actualité de 2022. La réussite de la recherche médicale dans son développement de vaccins peut entretenir les espoirs, mais le chemin reste tout de même pavé d’incertitudes.

Certains des éléments qui ont poussé l’inflation à la hausse devraient s’estomper, mécaniquement ou grâce à l’adaptation des acteurs économiques, mais il conviendra de surveiller le marché du travail et l’évolution des salaires. Enfin, citons la transition nécessaire pour minimiser les changements climatiques, devenue un sujet fondamental de long terme.

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