Économie : entre reprise et incertitude

Préparer votre avenir Investir Actualités – 28 mars 2017

Le début du printemps peut être synonyme de dégel, d'un léger risque de gelée tardive, voire parfois d'une prévision à laquelle on ne s'attendait pas. Cela fait néanmoins quelque temps que ce scénario perdure sur les marchés financiers, situés à un point charnière entre croissance et risques économiques persistants liés à l'approche d'élections dans plusieurs pays européens.

macro-économie

Mi-figue, mi-raisin.

L'économie mondiale se remet lentement. L'Europe a retrouvé le chemin de la croissance, l'économie américaine poursuit sur sa bonne lancée, l’économie chinoise est un cran en dessous bien qu’au-delà des attentes.

Les risques, principalement liés à la tenue d'élections dans plusieurs pays européens, sont néanmoins bel et bien présents et font douter certains investisseurs internationaux. Les marchés ont facilement surmonté l'épreuve des élections législatives néerlandaises, mais ce printemps sera aussi marqué par les élections présidentielles françaises. En septembre, ce sera au tour des Allemands de se rendre dans les bureaux de vote pour élire un nouveau parlement et un nouveau gouvernement.

Europe : des bases visiblement plus solides contrastant avec l'incertitude politique

Sur la bonne voie sur le plan économique, l'Europe trouvera tout de même probablement encore quelques obstacles sur son chemin. Le taux de chômage a atteint un niveau plancher au cours de la dernière décennie. La consommation et les investissements des entreprises augmentent. La situation actuelle est donc de bon augure. L'indice PMI, publié la semaine dernière et sondant les attentes des directeurs d'achat, grimpe à nouveau, ce qui démontre que l'économie européenne est en expansion constante.  Peter Praet, économiste en chef de la BCE, parle même des « meilleures perspectives depuis plusieurs années ». Les places boursières poursuivent également sur leur bonne dynamique et le premier trimestre de cette année n'a pas fait exception.

La BCE continue de soutenir cette reprise économique grâce à une politique monétaire flexible. Les bons chiffres de l'économie ont même donné lieu à des spéculations au sujet d'une réduction plus rapide des aides ou d'une augmentation des taux d'intérêt, mais ces rumeurs ont vite été démenties. L'inflation, dont la faiblesse est depuis longtemps le souci majeur des banques centrales, a surpris tout le monde en enregistrant une hausse relativement significative en 2017. Il n'y a pour le moment aucune raison de s'inquiéter, mais la faiblesse des taux d'intérêt ne fait pas les beaux jours des épargnants, encore moins si cette tendance venait à se confirmer sur le long terme.

« Sur la bonne voie sur le plan économique, l'Europe trouvera tout de même encore quelques obstacles sur son chemin. »

Le spectre de l'incertitude politique continue de planer au-dessus des marchés européens. La perspective imminente de deux échéances électorales majeures, les 22 avril et 7 mai prochains en France et en septembre en Allemagne, maintient les marchés dans une position d'incertitude.

Le récent résultat des élections néerlandaises a ravivé l'espoir d'assister à des élections stables dans ces deux poids lourds de la scène européenne. De fait, en France, il semblerait que le soutien de la candidate d'extrême droite, Marine Le Pen, s'essouffle quelque peu, alors qu'Emmanuel Macron fait de plus en plus l'unanimité. Le Brexit, bien qu'il perturbe désormais moins les marchés, reste, par ailleurs, un autre motif d'insécurité.

États-Unis : une économie en vitesse de croisière

L'économie américaine continue quant à elle à progresser en vitesse de croisière avec un très faible taux de chômage, une augmentation de la confiance des consommateurs et une production industrielle en expansion. Ces bons résultats étançonnent la croissance et – « grâce à » ou « à cause de » l'effet Trump – les perspectives des marchés financiers y demeurent encore encourageantes.

Les taux d'intérêt ont été augmentés de 0,25 % en mars et en décembre et le marché table encore sur deux augmentations d'ici la fin de l'année. Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale américaine, a souligné le fait que, malgré des chiffres qui le permettraient, l'institution n'avait pas l'intention d'aller plus vite. Nous voulons bien entendu éviter que la diminution des incitants ait un impact négatif sur l'économie. Bien qu'elle perdure depuis maintenant un certain temps, la dynamique positive de l'économie américaine ne semble pas s'arrêter là.

La politique de Trump suscite évidemment quelques interrogations sur l'avenir. Cependant, dans le contexte de croissance durable actuel, ses effets ne se ressentiront sans doute pas beaucoup sur le court terme.

« La politique de Trump suscite évidemment quelques interrogations sur l'avenir. Cependant, dans le contexte de croissance durable actuel, ses effets ne se ressentiront sans doute pas beaucoup sur le court terme. » 

Chine : d'un modèle basé sur l'exportation à un modèle de consommation

Parmi les régions jouant un rôle déterminant sur la carte de l'économie mondiale figure également la Chine. Ce pays travaille depuis quelque temps déjà à la transformation de son économie et cherche à évoluer d'un pays industriel exportateur vers une croissance et une consommation davantage tournées vers l'intérieur. De nombreux commentateurs ont craint un atterrissage forcé qui aurait fait du mal au pays et à son économie. Or, il est clair à présent que les dirigeants chinois ont les rênes bien en mains et que le moteur chinois fonctionne à plein régime.

Enfin, les autres marchés émergents, à l'instar d'une légère amélioration des économies émergentes d'Europe et l'Amérique latine, semblent également reprendre des couleurs.

Nos prévisions

Concernant la répartition des actifs, il semblerait que les actions soient avantageuses par rapport aux obligations. Notre préférence va aux actifs sensibles à la croissance économique tels que les actions (malgré les évaluations déjà élevées sur certains marchés) et, dans une moindre mesure, les obligations « high yield »  (à haut rendement) en tenant compte des marchés qui bénéficient des évaluations les plus raisonnables (Europe, pays en développement). Les risques politiques sont susceptibles d'imposer des changements rapides. C'est pourquoi, nous avons une préférence pour les solutions flexibles.

Les places boursières ne sont-elles pas trop chères ? Pas forcément. Les évaluations des actions permettent d'obtenir une idée des bénéfices futurs. Pour évaluer le prix des bourses, on observe le « ratio cours sur bénéfices », c'est-à-dire le prix d'une action par rapport aux bénéfices qu'elle permet d'engendrer. Lorsque l'on analyse cette donnée sur le long terme, on constate que les évaluations des actions sont légèrement supérieures à la moyenne, ce qui est normal dans la mesure où les bénéfices suivent la même tendance.

En résumé : le dégel semble avoir démarré, le printemps est là, mais n'oublions pas pour autant les Saints de glace qui, quel délicieux hasard, nous rendront visite peu après les élections françaises. 

 

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