Août 2022 : les récessions à nos portes

Préparer votre avenir Investir Actualités – 13 septembre 2022

Les banquiers centraux ont accentué leur rhétorique de resserrement monétaire alors que la crise énergétique a pris un tournant plus inquiétant en Europe. Si la récession aux États-Unis pouvait survenir à la suite d’une période de surchauffe, celle qui se profile en Europe serait uniquement due aux conséquences des prix de l’énergie et des rationnements possibles pendant l’hiver.

macro-économie
Récessions, crise de l’énergie, lutte contre l’inflation au programme de la rentrée

La Réserve fédérale et (de façon un peu plus surprenante) la Banque centrale européenne ont tenu des discours assez agressifs vis-à-vis de l’inflation à Jackson Hole (symposium économique réunissant les plus grands rassemblements de banquiers centraux), rappelant aux investisseurs que le tour de vis sur la politique monétaire était loin d’être terminé.

Si la récession aux États-Unis pouvait survenir à la suite d’une période de surchauffe, celle qui se profile en Europe serait uniquement due aux conséquences des prix de l’énergie et des rationnements possibles pendant l’hiver. Voyons cela en détail.

Zone euro : l’économie se détériore rapidement

En zone euro, l’activité économique se détériore à grande vitesse. La crise du gaz en est la principale cause.

Après quelques jours de maintenance, la Russie a coupé définitivement l’approvisionnement en gaz via NordStream 1.

Grâce à une moindre consommation, l’Allemagne, très exposée, a néanmoins réussi à remplir ses stocks à hauteur de 85 %, en avance sur ses plans. Elle n’aura néanmoins pas d’autres choix que de rationner le gaz pour certaines activités industrielles.

Avec une nouvelle hausse de l’inflation (9,1% en glissement annuel (g.a) en août), nous avons tous les ingrédients pour une importante dégradation de l’activité dans les prochains mois.

Selon les enquêtes de la Commission Européenne, la confiance des ménages est restée stable à -24,9, mais on constate déjà une forte détérioration du sentiment des entreprises, en particulier dans le secteur manufacturier (1,2 après 3,4) et, dans une moindre mesure, dans le secteur des services (8,7 après 10,4 en juillet).

Cela s’est confirmé avec le chiffre PMI Composite zone euro (qui mesure la production dans le secteur manufacturier et services) qui ressort en territoire de contraction pour le deuxième mois consécutif. Le pays le plus impacté est évidemment l’Allemagne, mais c’est bel et bien l’ensemble de la zone euro qui est concernée.

La BCE (Banque centrale européenne) maintient résolument son point de vue selon lequel les taux d'intérêt devraient être relevés, malgré une récession presque inévitable. La forte hausse des prix de l'électricité et du gaz exerce une pression supplémentaire sur l'inflation, qui doit être combattue par tous les moyens possibles.

La politique italienne était en vacances en août, mais la messe semble dite, tant Fratelli di Italia (FdI) domine les sondages en amont des élections du 25 septembre. Une coalition de « centre-droit » avec Lega, Forza Italia et dirigée par Giorgia Meloni (FdI) semble désormais actée, mais sa stabilité à moyen terme soulève beaucoup d’interrogations.

États-Unis : l’activité fléchit, mais résiste

Aux États-Unis, l’activité économique fléchit, mais reste encore sur des standards élevés comme en témoignent les derniers indicateurs ISM du mois d’août. Ces indicateurs restent en territoire d’expansion, tant du côté du secteur manufacturier que des services.

La confiance des ménages est, elle aussi, résiliente, en hausse en août à 103,2 contre 95,3 en juillet.

L’autre indicateur clé à suivre : l’emploi. La dernière enquête fait état d’une décélération notable de l’emploi. Le nombre d’emplois continue de progresser, mais à un rythme plus lent (315 000 postes créés en août contre 526 000 en juillet). Le taux de chômage a légèrement augmenté à 3,7 % (+0,2 pp = point de pourcentage), tiré à la hausse par la progression du taux de participation (au plus haut depuis mars à 62,4 %).

Les salaires commencent quant à eux à refluer. Le rythme de progression s’est établi à +0,3 % en glissement mensuel, un plus bas depuis avril.

L’inflation s’est établie à 8,5 % en glissement annuel en juillet, en légère baisse par rapport à juin (-0,6 pp). Toutefois, il est encore trop tôt pour constater une tendance durable à la baisse.

Bien que ces chiffres auraient pu rassurer les marchés financiers, car ils étaient un signe possible de la future politique d'assouplissement de la Fed, ils ne l'ont finalement pas été. Car le discours de Jay Powell à Jackson Hole était très clair : les taux d'intérêt augmenteront jusqu'à ce que l'inflation soit contenue.

Royaume-Uni : exit Boris, hello, Liz !

Au Royaume-Uni, la principale nouvelle est bien sûr la nomination de Liz Truss qui succède à Boris Johnson.

La Première ministre britannique dirigera un gouvernement qui aura fort à faire pour contrer la forte chute du pouvoir d’achat (10,1 % d’inflation en glissement annuel en juillet et un pic attendu à 13 %) et résoudre la question du protocole nord-irlandais.

Chine : les chiffres sont peu reluisants

En Chine, les données économiques ne sont guère plus reluisantes. La politique « zéro » COVID, qui verrouille des quartiers/villes entières, en est par ailleurs largement responsable.

Cela influence les capacités de production, mais aussi les perspectives d’activité des entreprises et des ménages. Ainsi, le rebond tant espéré se fait attendre et les récessions cet hiver des États-Unis et de la zone euro ne viendront pas non plus alimenter la demande extérieure.

Les difficultés rencontrées par le secteur immobilier ne sont pas plus rassurantes et resteront un frein à la croissance, tant que les moyens et les capitaux alloués à ce secteur ne seront pas réorientés sur des secteurs d’avenir.

Reprise hétérogène au pays du soleil-levant

Au Japon, la reprise reste hétérogène, comme en témoignent les indices PMIs. Le secteur manufacturier progresse (51,5 après 50 en juillet), mais le secteur des services se contracte de nouveau (49,5 contre 49,2 auparavant), en partie à cause du maintien des règles anti-COVID strictes sur le tourisme.

L’inflation s’est établie à 2,6 % en glissement annuel en juillet. Elle devrait encore progresser en août. On perçoit de premiers signaux de hausse sur les salaires (hausse du salaire minimum de 3,3 %), même si cela reste anecdotique pour le moment.

Source : AXA Investment Managers. Article rédigé sur la base des informations disponibles au 2 septembre 2022.

Attention : cet article ne constitue nullement un avis de placement au sens du droit financier.

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